La Maîtrise  de l’Amour 1

Phrase –Résumé : Il y a des milliers d’années, à travers tout le Sud du Mexique, les toltèque étaient connus comme des «  femmes et hommes de connaissances ». Les anthropologues les ont décrits comme une nation ou une race, mais en réalité, ils étaient des scientifiques et des artistes formant une société vouée à explorer et à préserver la connaissance spirituelle et les pratiques des anciens. Maître (naguals) et étudiants se réunissaient à Teotihuacan, l’ancienne cité des pyramides située au-delà de Mexico City, connue comme le lieu où  « l’homme devient Dieu ». Don Miguel Ruiz, nagual de la lignée des Chevaliers de l’Aigle,  a été instruit pour partager avec nous les enseignements profonds des Toltèques. A travers ce livre il nous enseigne que : « Notre bonheur ne peut venir que de l’intérieur et il est le fruit de notre amour. Lorsque nous sommes conscient que personne ne peut nous rendre heureux et que le bonheur est le résultat de notre propre amour, nous découvrons la plus grande maîtrise des Toltèques : la maîtrise de l’amour. »

Chapitre 1 :L’esprit Blessé

Il était une fois un Maître qui parlait à une foule. Son message était si merveilleux que chacun se sentait touché par ses paroles d’amour. Dans la foule se trouvait un homme qui avait écouté chacune de ses paroles. Cet homme était très humble et avait un grand cœur. Il était à ce point touché par les propos du maître qu’il ressentit le besoin de l’inviter dans sa demeure. Lorsque le Maître eut fini de parler, l’homme traversa la foule jusqu’à lui et lui dit : « je sais que vous êtes très occupé et que tout le monde désire votre attention. Mais mon cœur est tellement ouvert et je ressens tellement d’amour pour vous que je désire vous inviter chez moi. Je souhaite vous préparer le meilleur des repas. Le Maître regarda l’homme dans les yeux et lui dit : Prépare tout. Je serais là. »

A ces mots, une joie intense emplit le cœur de l’homme. Ce serait le jour le plus important de sa vie : le Maître sera avec lui. Il acheta la nourriture la plus savoureuse, le meilleure vin et trouva les plus beaux habits à offrir au Maître. L’heure est venu, l’homme attendait avec impatience lorsqu’on frappa à la porte. Tout fébrile, il alla ouvrir, mais au lieu du Maître, il découvrit une vieille dame. Elle le regarda dans les yeux et lui dit : « Peux-tu me donner un morceau de pain ? » l’homme était un peu déçu que ce ne soit pas le Maître, mais il répondit : « je vous en prie, entrez dans ma maison. » il la fit s’asseoir à la place préparée pour le Maître et lui donna la nourriture qu’il lui destinait.

Après le départ de la femme, et à peine qu’il avait à nouveau dressé la table pour le Maître qu’on frappa une nouvelle fois à la porte. Cette fois-ci, c’était un étranger qui venait de traverser le désert. Il regarda l’homme dans les yeux et lui dit : «  j’ai soif. As-tu quelque chose à me donner à boire ? ». A nouveau, l’homme était un peu déçu que ce ne soit pas le Maître. Mais il invita l’étranger chez lui et lui servit le vint qu’il avait destiné pour son invitée. Une fois l’étranger fut parti, il remit tout en ordre pour la venue du Maître. On frappa de nouveau et en ouvrant, il vit un petit enfant qui lui dit :  « j’ai froid. As-tu des habits pour me couvrir ? ». L’homme était un peu déçu car ce n’était toujours pas le Maître, mais il regarda l’enfant dans les yeux et sentit l’amour emplir son cœur. Il ramassa rapidement les vêtements qu’il voulait donner au Maître et en revêtit l’enfant. Celui-ci le remercia et partit.

Une fois encore, l’homme prépara tout pour le Maître, puis attendit patiemment jusque tard dans la nuit. Lorsqu’il réalisa que le Maître ne viendrait pas, il fut déçu, mais il lui pardonna instantanément et se dit : « je savais que ne je ne pouvais m’attendre à ce que le Maître visite mon humble demeure. Bien qu’il ait dit qu’il viendrait, sans aucun doute quelque chose de plus important l’a retenu ailleurs. Il n’est pas venu, mais au moins il m’a dit qu’il le ferait, et cela suffit à rendre mon cœur heureux. »

Il rangea tranquillement la nourriture et le vin, puis alla se coucher. La nuit même, il rêva que le Maître se rendait chez lui. L’homme était heureux de le voir, mais il ne savait pas qu’il rêvait. « Maître, vous êtes venu ! Vous avez tenu parole. » Le Maître lui répondit : « Oui je suis là, mais je suis déjà venu avant. J’avais faim et tu m’as rassasié. J’avais soif et tu m’as donné ton vin. J’avais froid et tu m’as donné des vêtements. Quoi que tu fasses pour autrui, tu le fais pour moi. »

Peut-être n’y avons-nous jamais songé, mais à un niveau ou un autre, nous sommes tous des maîtres. Nous sommes des maîtres, car nous avons le pouvoir de créer nos vies et de les diriger. Notre mythologie personnelle est peuplée de héros et de méchants, d’anges et de démons, de rois et de roturiers. Ainsi, nous créons toute une population dans notre esprit, avec de multiples personnalités. Puis nous maîtrisons les images de nous que nous utiliserons dans telle ou telle circonstance. Nous devenons experts dans l’art de faire semblant et de projeter nos images et ainsi, nous maîtrisons ce que nous croyons être. Lorsque nous rencontrons quelqu’un, nous le classons immédiatement et nous lui assignons un rôle dans notre vie. Nous créons une image pour chaque personne, selon ce que nous croyons qu’elle est. Et nous faisons cela pour toutes les personnes et toutes les choses qui nous entourent. Vous avez le pouvoir de créer. Ce pouvoir est si fort que tout ce que vous croyez se réalise.

Vous vous êtes entraîné toute votre vie à être ce que vous êtes et vous le faites si bien que vous maîtrisez qui vous croyez être. Vous êtes maître de votre propre personnalité, de vos propres croyances ; vous maîtrisez chacune de vos actions, chacune de vos réactions. Vous vous êtes exercé pendant des années et vous avez ainsi atteint le niveau de maîtrise nécessaire pour être qui vous croyez être. Dès que l’on parvient à voir qu’on est tous maîtres, on peut découvrir quel type de maîtrise on possède.

Exemple : enfant, lorsqu’on a un problème avec quelqu’un, on se met en colère. Pour une raison ou une autre, cette colère fait disparaître le problème ; on a donc obtenu le résultat voulu. Si la même chose de répète une deuxième fois, on y réagit une nouvelle fois par la colère et désormais, on sait qu’en s’énervant, on parvient à écarter le problème. Puis on s’entraine encore et toujours, jusqu’à devenir un maître de la colère.

De la même façon, nous devenons des maîtres de la jalousie, de la tristesse, du rejet de soi. Tout notre drame et toute notre souffrance sont le fruit de notre entraînement. On conclut un accord avec soi-même, puis on pratique cet accord jusqu’à ce qu’on le maîtrise. La manière dont nous pensons, sentons et agissons est si routinière que nous n’avons plus besoin de faire attention à ce que nous faisons. Ce n’est qu’un processus d’action/réaction qui nous fait agir ainsi.

Pour devenir un maître de l’amour, on doit s’exercer à l’amour. L’art des relations est toute une maîtrise qui ne s’atteint que par l’entraînement. La maîtrise passe donc par l’action. Il ne s’agit ni de concept, ni d’atteindre la connaissance. Il s’agit d’action. Bien entendu, il nous faut quelques connaissances pour agir ou, du moins, une meilleure conscience de la façon dont fonctionnent les humains.

Prenons l’exemple suivant : Imaginiez-vous vivre sur une planète ou tout le monde est atteint d’une maladie de peau. Depuis deux ou trois mille ans, tous ses habitants souffrent de la même maladie : leurs corps sont entièrement couverts de plaies infectés, très douloureuses au toucher. Tout le monde pense qu’il s’agit là de la physiologie normale de la peau. A la naissance, les enfants ont une peau saine, mais dès l’âge de trois ou quatre ans, les premières plaies font leur apparition. Parvenus à l’adolescence, leurs corps entiers en sont couverts. Pouvez-vous imaginer comment ces personnes se traiteront les unes les autres ? Pour interagir avec autrui, elles doivent protéger leurs plaies, parce que c’est trop douloureux. Si, par accident, vous touchez la peau de quelqu’un, ça lui fait tellement mal qu’il se met en colère et touche à son tour la vôtre, pour vous rendre la pareille.

Pourtant, l’instinct d’aimer est si puissant que vous êtes prêt à payer le prix fort afin d’avoir, malgré tout, des relations avec autrui. Imaginons qu’un miracle se produit un jour. Vous vous réveillez et votre peau est totalement guérie. Vous n’avez plus aucune plaie et ça ne vous fait plus mal d’être touché. Une peau saine procure une sensation merveilleuse lorsqu’on la touche, parce qu’elle est justement faite pour recevoir des perceptions. Pouvez-vous vous imaginer doté d’une peau saine dans un monde où tous les êtres souffrent de la même pathologie cutanée ?  Si vous parvenez à imaginer cela, vous pouvez aussi visualiser que ce n’est pas notre peau qui est couvertes de plaies mais c’est l’esprit humain qui souffre d’une maladie qu’on appelle la peur. Tout comme on a décrit l’état infecté de la peau de ces habitants imaginaires, notre corps émotionnel est couvert de plaies et celles-ci sont infectées de poison émotionnel.

Les manifestations de cette maladie de la peur sont la colère, la haine, la tristesse, la jalousie et l’hypocrisie ; le résultat de cette pathologie est donc l’ensemble des émotions qui font souffrir l’humanité. Tous les humains souffrent de la même maladie psychique. On peut même dire que ce monde est un asile psychiatrique. Ils vivent dans la peur permanente d’être blessé, ce qui crée un drame perpétuel, ou qu’ils aillent. Les relations qu’ils établissent entre eux sont si douloureuses, émotionnellement parlant, qu’ils se mettent en colère, sont jaloux, envieux ou tristes sans raison apparente. Même dire  « je t’aime » leur fait peur. Et pourtant, même s’il est douloureux et effrayant d’établir des relations émotionnelles, nous continuons à en développer malgré tout, nous nous marions et faisons des enfants.

Pour se protéger de leurs plaies émotionnelles et de peur d’être blessés, les humains ont créé quelque chose de très sophistiqué dans leur tête : un grand système de déni. Celui-ci fait de nous de parfaits menteurs. Nous mentons si bien que nous nous mentons à nous-même et croyons même nos propres mensonges. Le système de déni nous permet de prétendre que tout le monde croit au masque que nous présentons de nous. Nous construisons des remparts pour nous protéger, pour tenir les autres à distance, mais ceux-ci nous retiennent aussi à l’intérieur, limitant notre liberté. Les humains se couvrent et se protègent, et lorsque quelqu’un dit : «  vous me mettez dans tous mes états », ce n’est pas véritablement vrai. Ce qui est vrai, c’est que vous avez touché une plaie sur son corps émotionnel et qu’il réagit à la douleur.

Quand vous prenez conscience que tout autour de vous, chacun a des plaies infectées de poison émotionnel, vous comprenez facilement les relations qu’établissent les humains dans ce que les Toltèques nomment Le Rêve  de l’enfer. Dans une perspective Toltèque, tout ce que nous savons sur le monde est un rêve. Si vous regardez la description de l’enfer telle qu’elle est formulée par n’importe quelle religion, vous verrez qu’elle est identique à notre société humaine, à la façon dont nous rêvons collectivement. L’enfer est un lieu où l’on souffre, où règne la peur, un lieu de guerre, de violence et de jugement dépourvu de justice, un lieu de punition sans fin. On n’y voit que des humains dressés contre d’autres humains, au milieu d’une jungle de prédateurs ; des gens pleins de jugement, de reproches, de culpabilité, de poison émotionnel : l’envie, la colère, la haine, la tristesse et la souffrance.

Notre soi réel est pur amour ; nous somme la vie. Lorsque  vous voyez le rêve sous cet angle et que vous avez conscience de qui vous êtes, vous voyez l’absurdité du comportement humain et cela devient alors amusant. Ce qui est pour tous les autres est un drame devient pour vous une comédie. Imaginez que vous puissiez visiter une planète ou tout le monde a un corps émotionnel différent. Leur façon d’interagir est toujours joyeuse, toujours empreinte d’amour et de paix. Puis imaginez qu’un jour, vous vous réveillez sur cette planète-ci sans plaies. Quoi que les gens puissent dire de vous, quoi qu’ils puissent faire, vous n’en faites pas une affaire personnelle et ça ne vous fait plus mal. Vous n’avez plus peur d’aimer, de partager, d’ouvrir votre cœur. Mais personnes n’est comme vous. Quelles relations pouvez-vous établir avec des gens qui sont blessés dans leurs émotions et malades de la peur ?

Lorsqu’il naît, l’être humain a un corps mental, émotionnel totalement sain. A l’âge de trois ou quatre ans environ, les premières plaies font leur apparition et s’infectent de poison émotionnel. Mais si vous observez des enfants de deux ou trois ans, si vous regardez comment ils se comportent, vous verrez qu’ils jouent en permanence. Vous le voyez rire tout le temps. Leur imagination est puissante et leur façon de rêver est celle d’aventuriers explorateurs. Lorsque quelque chose ne va pas, ils réagissent et se défendent, mais ensuite, ils n’y pensent plus et leur attention est à nouveau dans l’instant présent, prête à jouer à nouveau. Les moments les plus heureux de notre existence sont ceux durant lesquels nous jouons comme des enfants, nous chantons et dansons, nous explorons et créons, juste pour le plaisir. C’est merveilleux se comporter comme un enfant, parce que c’est l’état normal de l’esprit humain. Mais que nous est-il arrivé par la suite ? Qu’est-il arrivé au monde entier ? Il arrive que, quand nous sommes encore des enfants, les adultes soient déjà atteints de maladie mentale, hautement contagieuse. En captant notre attention, ils nous enseignent une langue, puis la façon de lire, de se comporter, de rêver. On domestique les humains exactement comme des chiens ou d’autres animaux : à coup de punitions et e récompenses. Tout cela est parfaitement normal. Ce qu’on nomme « éducation » n’est rien d’autre que la domestication de l’esprit humain. On a donc peur d’être puni, mais ensuite, on a également peur de ne pas être récompensé, de ne pas être à la hauteur aux yeux de son papa et de sa maman, de ses frères et sœurs ou de ses professeurs.

La peur de ne pas être récompensé devient à son tour la peur d’être rejeté. La peur de ne pas être à la hauteur aux yeux d’untel nous pousse à vouloir changer, ce qui nous conduit à nous fabriquer une image. Puis on essaie de projeter cette image, fondée sur ce que l’on attend de nous, simplement pour être accepté, pour obtenir notre récompense. La même chose est aussi vraie au niveau d’une relation entre un homme et une femme. La femme possède une image extérieure d’elle-même, qu’elle essaie de projeter sur les autres ; mais lorsqu’elle est seule, elle en a une autre. L’homme aussi possède deux images. A l’âge adulte, l’image extérieure et l’image intérieure sont si différentes qu’elles ne se correspondent presque plus.  Encore, lorsqu’un homme rencontre une femme, il crée une image d’elle, de son point de vue à lui, et la femme en crée une de lui, de son point de vue à elle.

Puis l’homme essaie de faire en sorte que la femme corresponde à l’image qu’il s’en est fait et elle agit de même  pour l’image qu’elle s’est créée de lui. Il y a donc désormais six images entre eux deux. Bien entendu, ils se mentent l’un l’autre même s’ils n’en sont pas conscients. Leur relation est construite sur la peur, elle est fondée sur le mensonge. Elle n’est pas basée sur la vérité, parce qu’ils ne parviennent pas à voir à travers tout ce brouillard. Ainsi la plupart des humains souffrent à cause des fausses images qu’ils s’efforcent de projeter. Ils prétendent être très importants tout en croyant n’être rien du tout. Ils font tant d’efforts pour être quelqu’un dans le Rêve de la société, pour être reconnus et recevoir l’approbation des autres. Ils essaient tellement d’être important, d’être des gagnants, d’être puissants, riches, célèbres, d’exprimer leur rêve personnel et de l’imposer à ceux qui les entourent. Pourquoi ? Parce que les humains croient que le Rêve est réel et ils prennent tout ça très au sérieux.

Chapitre 2: La perte de l’innocence

Par nature, les humains sont des êtres très sensibles et fortement émotionnels, car ils perçoivent tout à travers leur corps émotionnel. Ce corps est semblable à une radio que l’on peut régler pour qu’elle perçoive (ou réagisse à) certaines fréquences. La fréquence normale de l’être humain, avant d’être domestiqué, est d’explorer et de jouir de la vie ; nous sommes à l’âge d’enfant, nous n’avons pas de définition de l’amour en tant que concept abstrait ; nous le vivons, simplement. C’est ainsi que nous sommes. Le corps émotionnel est équipé d’un composant semblable à un système d’alarme, qui nous avertit lorsque quelque chose ne va pas. Il est de même pour le corps physique ; lui aussi dispose d’une alarme qui lui indique ce qui va mal : c’est la douleur. Lorsqu’on a mal, cela signifie que quelque chose ne fonctionne pas dans le corps, qu’il faut identifier et soigner. Le système d’alarme du corps émotionnel est la peur. Lorsqu’on a peur, c’est que quelque chose va mal. Peut-être que notre vie est même en jeu.

Le corps émotionnel perçoit les émotions non pas par les yeux, mais de l’intérieur. Les enfants ressentent simplement des émotions et leur raisons ne les interprète pas et ne les remet pas en question. Voilà pourquoi ils acceptent certaines personnes et en rejettent d’autres. Lorsqu’ils ne se sentent pas en confiance avec quelqu’un, ils le rejettent car ils sont capables de capter les émotions projetées par ce dernier. Ils perçoivent très facilement si une personne est en colère et leur système d’alarme leur envoie alors un petit signal de peur qui leur dit : « tiens- toi à distance. » Ils suivent donc leur instinct et se tiennent à distance.

Nous acquérons notre registre émotionnel en fonction de l’énergie émotionnelle qui règne à la maison et de nos réactions personnelles  à celle-ci. Lorsque nos parents se disputent sans cesse, lorsqu’il y a disharmonie, absence de respect et mensonges, nous développons notre registre émotionnel de la même façon. Même si nos parents nous disent de ne pas nous comporter ainsi et de ne pas mentir, l’énergie émotionnelle qu’ils dégagent, celle de toute la famille, nous feront percevoir le monde de la même manière qu’eux. L’énergie émotionnelle qui règne au sein de notre famille règle notre corps émotionnel sur cette fréquence. Celui-ci se met alors à changer de fréquence naturelle : il n’est plus dans le registre normal de l’être humain. Nous jouons au jeu des adultes, nous jouons le jeu du Rêve extérieur … et nous perdons. Nous perdons notre innocence, notre liberté, notre bonheur ainsi que notre tendance naturelle à aimer.

En observant les enfants, vous pouvez voir la façon dont l’amour et la liberté authentiques sont détruits. Imaginez un enfant de deux ou trois ans courant et s’amusant dans le parc. Maman est là, qui surveille le petit bonhomme, et elle a peur qu’il tombe et se fasse mal. Au bout d’un moment, elle a envie qu’il s’arrête. L’enfant pense qu’elle s’amuse avec lui, alors plus elle lui court après, plus il court vite. Des voitures circulent dans la rue juste à côté, ce qui angoisse encore plus maman qui, finalement attrape son fiston. Celui-ci s’attend à ce qu’elle joue avec lui, mais au lieu de cela, elle le fesse. Boum… quel choc ! Le bonheur de l’enfant étant une expression de son amour, il ne comprend pas ce que sa maman lui dit, mais malgré tout, il se demande pourquoi ? Courir et jouer sont sa façon d’exprimer son amour, mais il ne lui est désormais plus possible de le faire en toute sécurité, parce que ses parents le punissent.

Prenons un autre exemple. Imaginez que vous avez deux ou trois ans. Vous êtes heureux, vous jouez, vous explorez, vous n’êtes pas conscient de ce qui est bon ni de ce qui est mauvais, de ce qui est juste ou faux, de ce que vous devriez faire ou non, parce que vous n’êtes pas encore domestiqué. Vous jouez dans le salon avec ce qui se trouve à portée de main. Vous n’avez pas de mauvaises intentions, vous ne cherchez pas à casser quoi que ce soit, mais vous jouez avec la guitare de votre papa. Pour vous, ce n’est qu’un jouet ; vous ne cherchez absolument pas à énerver votre père. Mais celui-ci est justement dans un de ces jours ou il ne sent pas bien. Il a des problèmes au travail. Le voilà qui rentre dans le salon et vous trouve en train de jouer avec ses affaires. Il s’emporte immédiatement, il vous attrape et vous flanque une raclée.

De votre point de vue, c’est une injustice. Votre père débarque et vous frappe de toute sa colère. Voilà quelqu’un en qui vous aviez une confiance totale parce que c’est votre papa, quelqu’un qui, d’habitude, vous protégeait et vous permettait de jouer et d’être avec lui. Et voilà qu’il vient de se passer quelque chose qui ne colle pas avec votre image. Ce sentiment d’injustice est comme une douleur dans votre cœur. Vous êtes sensible ; ça vous blesse et vous fait pleurer. Mais vous ne pleurez pas seulement parce qu’il vous a frappé. Ce n’est pas l’agression physique qui vous fait mal ; c’est l’agression émotionnelle que vous jugez injustifiée. Vous n’avez rien fait.

Ce sentiment d’injustice ouvre une plaie dans votre esprit. Votre corps émotionnel est blessé et, à cette occasion, vous perdez un peu de votre innocence. Vous découvrez que vous ne pouvez pas toujours faire confiance à votre père. Même si votre mental ne le sait pas ? Parce qu’il n’analyse pas encore, il comprend quand même : «  je ne peux pas faire confiance. » Votre corps émotionnel vous dit qu’il y a quelque chose en quoi vous ne pouvez pas avoir confiance et que cela peut se reproduire. Vous pouvez réagir par la peur, mais aussi la colère, la timidité ou encore les pleurs. Cette réaction est déjà un poison émotionnel parce que, avant la domestication, la réaction normale, si votre papa vous frappe, est de vouloir le frapper à votre tour. Mais si vous lui rendez le coup ou si vous esquissez simplement le geste de lever la main, votre père s’énervera encore plus contre vous la punition sera pire. Désormais, vous saurez qu’il est capable de vous détruire. Vous aurez peur de lui et vous ne vous défendrez plus, parce que vous saurez que ça ne fera qu’empirer les choses.

Chaque nouvelle peur, vous apprenez à vous défendre mais plus comme vous le faisiez avant votre domestication, lorsque vous vous défendiez sans retenue, puis que vous vous remettiez à jouer. Maintenant il y a quelque chose à l’intérieur de la plaie : du poison émotionnel. C’est ainsi que, petit à petit, nous perdons notre innocence ; nous commençons à avoir des ressentiments, puis nous ne pardonnons plus. Au fil des années, ces incidents et interactions avec autrui nous font comprendre qu’il vaut mieux ne pas être qui nous sommes réellement. Bien entendu, l’intensité de ces réactions varie d’un individu à l’autre, selon son intelligence, son éducation et de nombreux autres facteurs.

Le sentiment d’injustice est la lame qui ouvre les plaies dans le corps émotionnel. Ensuite, notre réaction à ce que l’on considère injuste crée du poison émotionnel. Une fois qu’on est rempli de ce poison, on ressent le besoin de s’en débarrasser en le déversant sur quelqu’un d’autre. Comment procède-t-on ? Tout simplement en captant son attention.

Prenons l’exemple d’un couple ordinaire. Pour une raison ou une autre, la femme est en colère. Elle est pleine de poison émotionnel à cause d’une injustice commise par son mari. Celui-ci n’est pas à la maison, mais elle se souvient de cet incident et le poison augmente en elle. Lorsque le mari rentre, la première chose qu’elle cherche à faire est de capter son attention pour pouvoir déverser sur lui tout son poison et sentir soulagée. Dès qu’elle lui dit combien il est nul, stupide ou injuste, son poison se répand à l’intérieur de son mari. Elle ne cesse de parler jusqu’à ce qu’elle retienne son attention. Le mari finit par réagir ; il s’énerve et elle se sent mieux. Mais maintenant, le poison agit en lui et il lui faut être quitte. C’est à lui de réussir à capter l’attention de sa femme pour lui déverser à son tour ce poison, qui n’est désormais plus seulement celui de sa femme, mais les deux cumulés.

Si vous observez cette interaction, vous verrez que les deux époux s’irritent mutuellement leurs plaies et jouent au ping-pong avec leur poison émotionnel. Celui-ci augmente alors de plus en plus, jusqu’au jour ou l’un des partenaires explosera. Voilà les relations qu’entretiennent souvent les humains entre eux.

Dans notre esprit, nous avons créé cette part de nous-même qui juge sans cesse. Ce juge évalue tout ce que nous faisons ou ne faisons pas, tout ce que nous ressentons ou non. Nous nous jugeons en permanence nous-même sans cesse. Ce juge évalue tout ce que nous faisons ou ne faisons pas, tout ce que nous ressentons ou non. Nous nous jugeons en permanence nous-même ainsi que les autres, en fonction de nos croyances et de notre sens de la justice et de l’injustice. Bien entendu, nous nous déclarons coupables et devons alors être punis. L’autre partie de notre esprit, celle qui subit le jugement et doit être punie, c’est la Victime. C’est elle qui dit : «  Pauvre de moi. Je ne suis pas assez compétent, pas assez fort, pas assez intelligent. A quoi bon faire des efforts ? »

Enfant, vous n’avez pas pu choisir que croire ou ne pas croire. Et pourtant, votre Juge et votre Victime intérieurs se fondent sur toutes ces fausses croyances que vous n’avez pas choisies. Lorsque l’information véhiculée par ces croyances est entrée dans votre esprit, vous étiez innocent. Vous croyiez tout ce qu’on vous disait. Le système de Croyances a été installé en vous comme un programme par le Rêve extérieur. Les Toltèques nomment ce programme le PARASITE. L’esprit humain est malade parce qu’un Parasite lui vole son énergie vitale et le prive de joie. Ce parasite est constitué de toutes les croyances qui nous font souffrir. Celles-ci sont si puissantes que, des années plus tard, lorsque nous découvrons de nouveaux concepts et que nous essayons de prendre nos propres décisions, nous réalisons qu’elles contrôlent encore notre vie.

Avant d’attraper ce Parasite, nous jouissions de la vie, nous jouions, nous étions heureux comme des petits enfants. Mais une fois que tous les déchets ont été déversés dans notre esprit, nous ne sommes plus heureux. Nous apprenons à avoir raison et à donner tort aux autres. Le besoin d’avoir  «  raison » provient de nos efforts pour protéger l’image que nous voulons projeter de nous à l’extérieur. Il nous faut imposer notre façon de penser, non seulement aux autres, mais aussi à nous-mêmes.

Lorsqu’on passe son temps à se rejeter, à se juger et à se déclarer coupable, puis à se punir, il semble n’exister aucun amour dans ce monde. On dirait qu’il n’y a que punitions, souffrances et jugements. Mais  l’enfer est fait de nombreux niveaux différents. Certaines personnes s’y trouvent très profondément enracinées, d’autres y sont à peine, bien qu’elles y soient quand même. En enfer, on voit des relations qui sont très nocives et d’autres qui le sont peu. Mais vous n’êtes plus un enfant ; donc si vous conservez une relation négative, c’est parce que vous acceptez cette négativité, que vous croyez la mériter. Il y a une limite à la quantité de mauvais traitement envers vous-même est exactement celle que vous tolérez de la part d’autrui.

 

Chapitre 3: L’homme qui ne croyait pas à l’amour

Il y a une très vieille histoire à propos d’un homme qui ne croyait pas à l’amour. C’était quelqu’un d’ordinaire, comme vous et moi, mais ce qui le distinguait était sa manière de penser. Il pensait que l’amour n’existe pas. Bien sûr, il avait fait de nombreuses expériences pour tenter de trouver l’amour, et il avait bien observé les gens autour de lui. La plus grande part de sa vie avait été consacrée à rechercher l’amour, pour finalement découvrir que celui-ci n’existait pas. Ou qu’il allât, cet homme disait à tout le monde que l’amour n’était qu’une invention des poètes. Cet homme était très intelligent et très convaincant. Il avait lu de nombreux livres, était allé dans les meilleures universités et était devenu un érudit respecté. Il pouvait prendre la parole en tout lieu, devant n’importe quel public, et sa logique était implacable.

Il continuait à expliquer à chacun pourquoi l’amour n’existait pas : «  Ce que les humains appellent « amour » n’est rien d’autre qu’une relation de peur basée sur le contrôle. Où est le respect ? Où est l’amour qu’ils prétendent avoir l’un envers l’autre ? Il n’y a pas d’amour. Les jeunes couples se font de nombreuses promesses l’un à l’autre, devant dieu, devant leur famille et leurs amis : vivre ensemble à jamais, s’aimer et se respecter mutuellement, être là pour l’autre, ‘’ pour le meilleur et pour le pire ‘’. Ils se promettent de s’aimer et de s’honorer l’un l’autre et plein d’autre choses encore. Et ce qui est étonnant, c’est qu’ils croient vraiment à ces promesses. Mais une fois mariée, une semaine, un  ou plusieurs mois plus tard, ils constatent qu’aucune d’entre elles n’est tenue.

En lieu et place, vous découvrez une guerre de pouvoir : c’est à qui manipulera qui. Qui sera le dealer et qui en sera dépendant ? Vous découvrirez quelques mois plus tard que le respect qu’ils se sont mutuellement juré a disparu. Vous constaterez l’existence du ressentiment, vous verrez le poison émotionnel se développer et comment ils se blessent l’un l’autre, petit à petit au début, puis de plus en plus, au point de ne même  pas voir quand l’amour s’est arrêté. Ils restent pourtant ensemble, de crainte d’être seuls et par peur de l’opinion et des jugements d’autrui, y compris des leurs. Alors, ou est l’amour ? »

L’homme poursuivait sans fin, expliquant toutes les raisons pour lesquelles il croyait que l’amour n’existait pas, et il disait à ceux qui l’écoutaient : «  je me suis déjà prêté à tout cela. Désormais, je ne laisserai plus personne manipuler mon esprit et contrôler ma vie au nom de l’amour. » Ses  arguments étaient très logiques et il parvenait à convaincre de nombreuses personnes que l’amour n’existe pas !

Puis, un jour, alors qu’il se promenait dans un parc, cet homme vit sur un banc une très belle femme qui pleurait. Le voyant ainsi, il fut piqué de curiosité. Il lui demanda s’il pouvait l’aider et pourquoi elle pleurait. Imaginez sa surprise lorsqu’elle lui répondit : «  parce que l’amour n’existe pas. » Il se dit : «  voilà qui est étonnant : une femme qui croit que l’amour n’existe pas ! » Il voulut évidemment en savoir plus sur elle. «  Pourquoi dites-vous que l’amour n’existe pas ? », lui demanda-t-il. «  Eh bien, c’est une longue histoire », répondit elle. «  Je me suis mariée très jeune, pleine d’amour et d’illusion, avec l’espoir de partager ma vie avec cet homme. Nous nous sommes juré loyauté, respect et bonheur et nous avons fondé une famille.

 Mais bientôt, tout à changer. J’étais la femme dévouée prenant soin de la maison et des enfants. Mon mari poursuivait sa carrière ; son succès et l’image qu’il avait à l’extérieur comptaient plus pour lui que notre famille. Il perdit tout respect pour moi et moi pour lui. Nous nous faisions mutuellement du tort et finalement, je me suis rendu compte que je ne l’aimais pas et lui non plus. Mais les enfants avaient besoin d’un père et j’ai pris ça comme excuse pour rester avec lui, en faisant tout ce que je pouvais pour le soutenir. Maintenant, les enfants sont grands, ils sont partis. Je n’ai plus aucune excuse pour rester encore avec lui. Il n’y a  plus de respect entre nous, plus de gentillesse. Et je sais que si je trouve quelqu’un d’autre, ce sera la même chose, car l’amour n’existe pas. Cela n’a pas de sens de rechercher quelque chose qui n’existe pas. Voilà pourquoi je pleure. L’homme la comprenait très bien, il la prit dans ses bras et lui dit : «  vous avez raison : l’amour n’existe pas. »

Ils se ressemblaient tellement qu’ils devinrent les meilleurs amis au monde. C’était une relation merveilleuse. Ils se respectaient mutuellement et jamais, ils ne se dénigraient l’un l’autre. À chaque pas qu’ils faisaient ensemble, ils étaient heureux. Il n’avait ni envie, ni jalousie, ni contrôle, ni possessivité. Leur relation continuait donc de grandir et de se développer. Ils aimaient être ensemble, car ils passaient de bons moments. Lorsqu’ils étaient séparés, ils se manquaient l’un à l’autre.

Un jour que  l’homme était en déplacement, il lui vint l’idée la plus saugrenue. Il pensa : « Humm, peut-être est-ce de l’amour que je ressens pour elle ? Mais c’est tellement différent de ce que j’ai ressenti jusqu’ici. Cela n’a rien à voir avec ce dont parlent les poètes, ce n’est pas non plus ce que décrit la religion, parce que je ne me sens pas responsable d’elle. Je ne prends rien d’elle ; je n’ai pas besoin qu’elle s’occupe de moi ; je n’ai pas besoin de lui reprocher mes problèmes, ni de la charger du fardeau de mes histoires personnelles. Les moments que nous passons ensemble sont merveilleux. Nous nous apprécions mutuellement. Je respecte sa Façon de penser et comment elle se sent. Elle ne m’embarrasse jamais. Je ne suis pas jaloux lorsqu’elle est avec d’autres personnes. Je ne l’envie pas lorsqu’elle a du succès. En fin de compte, peut-être l’amour existe bel et bien, mais ce n’est certainement pas ce que les gens imaginent.

Il était tout impatient de rentrer et de lui parler pour lui faire part de cette drôle d’idée. Dès qu’il se mit à lui parler, elle lui dit : « Je vois tout à fait ce que tu veux dire. La même idée m’est venue il y a longtemps. Peut –être après tout, que l’amour existe bien, mais ce n’est pas ce que nous pensions. » Ils décidèrent de donner libre cours à leur amour et de vivre ensemble, et ce qui remarquable c’est que les choses ne changèrent pas. Ils continuaient de se respecter, de se soutenir mutuellement et leur amour grandissait de plus en plus.

Le cœur de cet homme était si débordant de tout l’amour qu’il ressentait qu’une nuit, un miracle se produisit. Il regardait les étoiles et trouva celle qui était la plus belle : son amour était si grand que celle-ci se mit à descendre du ciel et, bientôt, se trouva dans ses mains. Puis un deuxième miracle se produisit et son âme se fondit dans l’étoile. Il était profondément heureux et très impatient d’aller voir la femme et de lui mettre cette étoile entre les mains pour lui prouver son amour. Mais dès qu’il lui eut mis l’étoile dans les mains, elle fut parcourue d’un sentiment de doute. Cet amour était tellement immense qu’au même instant, l’étoile tomba de ses mains et se brisa en millions de petits morceaux. Et depuis, un vieil homme parcourt le monde, jurant que l’amour n’existe pas. Et une belle vieille dame attend chez elle la venue d’un homme, versant des larmes à cause d’un paradis qu’elle a tenu une fois dans ses mains, mais qu’un instant de doute lui a fait perdre. Voilà l’histoire de l’homme qui ne croyait pas à l’amour

Avez-vous deviné quel a été le faux pas ? C’est l’homme qui a fait une erreur lorsqu’il a cru pouvoir donner son bonheur à la femme. L’étoile était son bonheur, et son erreur a été de mettre ce bonheur dans les mains de la femme. Le bonheur ne vient jamais de l’extérieur. L’homme  était heureux à cause de l’amour qui venait de l’intérieur de lui-même ; la femme était heureuse en raison de l’amour qui s’exprimait d’elle. Mais dès qu’il l’a rendue responsable de son bonheur, elle a brisé l’étoile parce qu’elle ne pouvait pas en être responsable.

Si vous placez votre bonheur entre les mains de quelqu’un d’autre, tôt ou tard, il ou elle le brisera. Si vous donnez votre bonheur à autrui, il peut vous en priver. Alors que si le bonheur ne vient que de l’intérieur de vous-même, qu’il est le résultat de votre amour, c’est vous qui en êtes responsable. En se mariant à l’église, la première chose qu’on fait est d’échanger des alliances. Chacun met son étoile entre les mains de l’autre et s’attend à ce que l’autre le rende heureux. Voilà l’erreur que la plupart d’entre nous commettent dès le début. On fait dépendre son bonheur de son partenaire et cela ne peut pas marcher ainsi. On fait plein de promesse qu’on ne peut pas tenir et on programme ainsi son échec.

Chapitre 4: la voie de l’amour, la voie de la peur :

Chaque être humain possède son rêve de vie personnel et ce rêve est différent pour chaque individu. Nous rêvons en fonction de l’ensemble des croyances que nous cultivons et nous modifions notre rêve d’après la façon dont nous jugeons et dont réagit notre victime intérieure. Voilà pourquoi les rêves ne sont jamais les mêmes d’une personne à l’autre. Dans une relation, deux personnes peuvent prétendre être pareilles, ressentir les mêmes choses, vivre le même rêve, mais il est impossible que cela se produise. Il y a chaque fois deux rêveurs, avec deux rêves différents, et chacun rêvera à sa façon. Voilà pourquoi il faut accepter les différences existant entre rêveurs et respecter mutuellement les rêves.

Selon la façon dont deux personnes rêvent, elles créent ensemble la direction commune de ce rêve que l’on appelle une relation. Chacune de nos relations avec papa, maman, frères et sœurs, amis est unique parce que nous rêvons un petit rêve ensemble. Chaque relation devient un être vivant concrétisé par deux rêveurs. De même que notre corps est fait de cellules, vos rêves sont faits d’émotions. Il existe principalement deux sources d’émotions. L’une est la peur et toutes les émotions qui en découlent ; l’autre est l’amour ainsi que tous les sentiments qui en résultent. Nous vivons tous ces deux types d’émotions, mais celle qui est la plus fréquente chez les gens ordinaires est la peur. On peut dire que les relations normales dans ce monde-ci se fondent à 95% sur la peur et à 5 % sur l’amour. Bien sûr, ces proportions changent selon les gens, mais même si la peur ne représente que 60% et l’amour 40%, la relation reste principalement fondée sur la peur.

Pour bien comprendre ces émotions, on peut décrire certaines caractéristiques de l’amour et de la peur que j’appelle le «  Voie de l’Amour » et la «  la Voie de la Peur ». Ces deux voies ne sont que des points de références qui nous aident à voir comment nous vivons notre vie.

L’amour ne connait aucune obligation:

La peur est pleine d’obligations. Dans la voie de la peur, quoi qu’on fasse, c’est perce qu’on doit le faire ; on attend aussi des autres qu’ils fassent telle ou telle chose parce qu’ils le doivent. On a donc des obligations et dès qu’on doit faire quelque chose. On y oppose de la résistance. Plus on résiste et plus on souffre. Tôt ou tard, on cherche donc à fuir ses obligations. L’amour, par contre, ne connait pas la résistance. Quoi que nous fassions, c’est parce que nous le voulons. C’est un plaisir ; c’est comme un jeu et le jouer nous amuse.

  • L’amour n’a pas d’attentes:

    La peur est remplie d’attentes. Sous l’emprise de la peur, on fait les choses parce que l’on pense devoir les faire et l’on attend des autres qu’ils fassent de même. Voilà pourquoi la peur fait mal et non l’amour. On s’attend à telle chose et si elle n’arrive pas, on se sent blessé : on trouve que c’est injuste. Lorsqu’on aime, on n’a aucune attente. On fait ce qu’on fait parce qu’on le veut bien et si les autres agissent à leur manière, c’est parce qu’ils en ont envie. Cela n’a aucun caractère personnel. Lorsqu’on n’a pas d’attentes, si rien n’arrive n’est pas grave. On ne se sent pas blessé car, quoi qu’il se produise, c’est très bien. Voilà pourquoi quasiment rien ne peut nous atteindre lorsque nous vivons dans l’amour. Nous ne nous attendons pas à ce que l’être aimé fasse ceci ou cela et nous n’avons pas d’obligations non plus.

  • L’amour se fonde sur le respect:

    La peur ne respecte rien. Si j’ai pitié de vous, cela signifie que je ne vous respecte pas. Je ne vous estime pas capable d’effectuer vos propres choix. Et si je dois choisir à votre place, c’est que je ne vous respecte pas. Dès lors ; j’essaie de vous contrôler. D’ailleurs, la plupart du temps, lorsque nous disons à nos enfants comment ils doivent vivre leur vie, c’est parce que nous ne le respectons pas. Nous avons pitié d’eux et nous essayons de faire ce qu’ils devraient faire eux-mêmes. Lorsque je ne me respecte pas, je m’apitoie sur moi-même et je me dis que je ne suis pas assez bon pour réussir dans ce monde. Comment savoir si vous ne vous respectez pas ? c’est quand vous vous dites : «  Pauvre de moi : je ne suis pas assez fort, pas assez intelligent, pas assez beau, je ne m’en sortirai pas. » l’apitoiement sur soi vient d’un manque de respect.

  • L’amour est impitoyable ; il n’a pitié de personne, mais il a de la compassion:

    La peur est pleine de pitié ; elle a pitié de tout le monde. Vous avez pitié de moi car vous ne me respectez pas, puisque vous pensez que je ne suis pas assez fort pour m’en sortir. L’amour, en revanche est plein de respect. Je vous aime ; je sais que vous pouvez y arriver. Je sais que vous êtes assez fort, assez intelligent, assez compétent pour effectuer vos propres choix. Je n’ai pas à faire de choix pour vous ; vous en êtes capable. Si vous tombez, je peux vous tendre la main, je peux vous aider à vous relever. Je peux même vous dire : « Vas-y, tu en es capable. » c’est de la compassion, mais ce n’est pas la même chose que la pitié.

  • L’amour est totalement responsable:

    La peur fuit la responsabilité, ce qui ne signifie pas qu’elle ne soit pas responsable. Essayer de fuir ses responsabilités est l’une des plus grandes erreurs que nous puissions commettre, car chaque action a des conséquences. Si nous refusons de choisir, il y aura malgré tout des résultats et des réactions. D’une façon ou d’une autre, nous serons confrontés aux conséquences de nos actions. Voilà pourquoi chaque être humain est totalement responsable de ses actions, même s’il refuse de l’être. Certains peuvent essayer de payer vos erreurs à votre place, mais vous les paierez vous-même un jour et il vous faudra alors les payer deux fois.

  • L’amour est toujours bon:

    La peur est toujours méchante. Quand on a peur, on est plein d’obligation, d’attentes, dénué de respect, on évite les responsabilités et on ressent de la pitié. Comment peut-on se sentir bien, alors qu’on souffre de tant de peur ? On se sent victime de tout : on est jaloux, en colère, triste ou on se sent trahi. La colère n’est que de la peur masquée. Il en va de même pour la tristesse et la jalousie. Assaillis par toutes ces émotions créées par la peur qui nous font souffrir, nous ne pouvons pas prétendre être bons. Si on ne se sent pas bien, si on n’est pas heureux, comment être bon ? Lorsque vous êtes dans la voie de l’amour, vous n’avez ni obligations ni attentes. Vous ne vous apitoyez ni sur vous-même ni sur les autres. Tout va bien et pourquoi un sourire illumine toujours votre visage. Vous vous sentez bien et comme vous êtes heureux, vous êtes bon. L’amour est toujours bon il vous rend généreux et vous ouvre toutes les portes. L’amour est généreux. La peur est égoïste ; pour elle, il n’existe que moi. L’égoïsme ferme toutes les portes.

  • L’amour est inconditionnel:

    La peur est pleine de conditions. Dans la voie de la peur, je vous aime si vous me laissez vous contrôler, si vous êtes gentil avec moi, si vous cadrez avec l’image que j’ai de vous. Je me crée une image de ce que vous devriez être, et comme vous n’êtes pas et ne serez jamais conforme à cette image, je vous juge et je vous déclare coupable. Souvent même, j’ai honte de vous parce que vous ne correspondez pas à mes attentes, alors vous m’embarrassez, me mettant mal à l’aise, et je ne fais preuve d’aucune patience à votre égard. Je ne fais que prétendre être bon envers vous. Dans l’amour, il n’y a pas de Si ; il n’y a pas de condition. Je vous aime sans raison, sans justification. Je vous aime tel que vous êtes et vous êtes libre d’être comme vous êtes. Sinon, je ferais mieux d’être avec quelqu’un qui soit tel que je le souhaite.

Nous n’avons aucun droit de changer quiconque et personne n’a le droit de nous changer. Si, un jour, nous changeons, c’est parce que nous ne souhaitions plus souffrir davantage. Peu importe le sentiment de proximité que vous estimez avoir avec telle ou telle personne, peu importe à quel point vous pensez l’aimer, il n’est pas possible que vous soyez responsable de ce qui se trouve dans sa tête. Vous ne saurez jamais ce que cette personne ressent, ce qu’elle croit, toutes les suppositions qu’elle fait. Vous ne connaissez rien de cette personne. Voilà la vérité. Mais que fait-on ? On s’efforce d’être responsable de l’autre moitié, et voilà pourquoi les relations en enfer sont fondées sur la peur, les drames et les guerres de pouvoir. Lorsque nous manquons de respect, il y a forcément une guerre de pouvoir, puisque chacun se sent responsable de l’autre. Puisque je ne vous respecte pas, il faut que je vous contrôle. Je dois être responsable de vous, parce que, quoi qu’il arrive, cela me fait mal et je veux éviter la douleur. Voilà pourquoi, quand je vois que vous n’agissez pas de façon responsable, je vous secoue pour tenter de vous responsabiliser d’après mon point de vue personnel. Cela ne signifie pas que j’ai raison.

 

  • Dans la voie de l’amour, vous donnez plus que vous prenez:

    Et bien entendu, vous vous aimez tellement que vous ne permettez pas à des gens égoïstes de profiter de vous. Vous ne cherchez pas la revanche, mais vous êtes clair dans votre façon de communiquer. Vous êtes capable de dire : « Je n’aime pas que tu essaies d’abuser de moi, je n’aime pas que tu me manques de respect, que tu sois désagréable envers moi. Je n’ai pas besoin que quelqu’un me maltraite verbalement, émotionnellement ou physiquement. Je n’ai pas besoin de t’entendre jurer tout le temps. Je ne suis pas meilleur que toi, mais j’aime la beauté. J’aime rire et m’amuser. J’aime aimer. Ce n’est pas que je sois égoïste, mais je n’ai pas besoin d’une grosse victime à côté de moi. Cela ne veut pas dire que je ne t’aime pas, mais je ne suis pas responsable de ton rêve. Si tu veux être en relation avec moi, ton parasite va en souffrir, parce que je ne réagirai pas du tout à tes attitudes ni à tes propos orduriers. » Agir ainsi n’est pas égoïste ; c’est une preuve d’amour envers soi. L’égoïsme, la volonté de contrôler et la peur rompront presque toutes les relations.

Chapitre 5: la relation parfaite

Imaginez une relation parfaite. Vous êtes toujours extrêmement heureux avec votre partenaire, parce que vous vivez avec l’homme ou la femme parfait(e) pour vous. Comment décririez-vous votre vie en compagnie de cette personne ? En fait la relation que vous aurez avec elle sera exactement comme celle que vous pouvez avoir avec un chien. Quoi que vous tentiez de faire, un chien est un chien ; il restera toujours un chien. Vous n’en ferez pas un chat ni un cheval ; il est ce qu’il est. Accepter cela dans vos relations avec des êtres humains est très important. Vous ne pouvez pas changer les autres. Aimez –les tels qu’ils sont ou ne les aimez pas. Acceptez-les comme ils sont ou ne les acceptez pas.

Essayer de les changer, pour les faire correspondre à ce que vous voudriez qu’ils soient revient à vouloir changer un chien en chat ou un chat en cheval. Ce qu’ils sont est un fait. Ils sont ce qu’ils sont ; vous êtes ce que vous êtes. Vous dansez ou vous ne dansez pas. Il vous faut être totalement honnête avec vous-même : dites ce que vous voulez et voyez si vous avez envie de danser ou non. Vous devez bien comprendre ce point parce qu’il est essentiel. Si vous saisissez vraiment cela, vous aurez des chances de voir ce qui est vrai chez les autres et non pas seulement ce que vous avez envie de voir. Si vous possédez un chien ou un chat, pensez à la relation que vous avez avec cet animal. Imaginons par exemple votre relation à votre chien. Il sait comment établir une relation parfaite avec vous. Lorsqu’il se comporte mal, que faites-vous ? Lui ne se soucie pas de ce que vous faites ; il vous aime, tout simplement. Il n’a pas d’attentes. N’est-ce pas merveilleux ? Mais qu’en est-il de votre petite amie, de votre copain, de votre mari ou de votre femme ? Eux, ils ont plein d’attentes et celles-ci changent tout le temps.

La plus part des gens n’ont aucun mal à recevoir ce genre de relation avec leur animal, mais pourquoi pas avec un être humain ? Connaissez-vous un homme ou une femme qui ne soit pas parfaite(e) ? Le chien est un chien et cela ne vous pose aucun problème. Vous n’avez pas besoin d’être responsable de lui pour en faire un chien. Lui non plus n’essaie pas de faire de vous un bon humain ou un bon maître. Alors, pourquoi sommes-nous incapables de permettre à une femme d’être une femme, ou à un homme d’être un homme ; de les aimer tels qu’ils sont sans vouloir les changer ?

Vous vous dites peut-être : «  Oui, mais qu’en est –il si je ne suis pas avec la bonne personne ? » C’est effectivement une question capitale. Bien sûr, vous devez choisir l’homme parfait ou la femme parfaite pour vous ? Celui ou celle qui a envie d’aller dans la même direction que vous, qui est compatible avec vos valeurs et vos opinions sur les plans émotionnel, physique, économique et spirituel. Comment savoir si votre partenaire est celui qui vous convient ? Imaginons que vous êtes  un homme et qu’une femme doive choisir. Si cent femmes cherchent un homme et que toutes vous considèrent comme un choix possible ?Pour combien d’entre elles serez-vous l’homme parfait ? Vous n’en savez rien ! Voilà pourquoi vous devez explorer et prendre des risques. Mais je peux vous dire que la femme parfaite pour vous est celle que vous aimez telle qu’elle est, celle que vous n’avez absolument pas besoin de changer. Voilà la femme qu’il vous faut.

Et c’est une chance si vous trouvez la femme idéale pour vous et que vous soyez simultanément l’homme idéal pour elle. Vous êtes son partenaire idéal si elle vous aime exactement comme vous êtes  et qu’elle ne cherche pas à vous changer. Elle n’a pas à être responsable de vous ; elle a confiance : vous serez ce que vous prétendez être, conforme à ce que vous projetez de vous-même. Elle peut être aussi honnête que possible et projeter vers vous ce qu’elle est. Elle ne vous abordera pas en prétendant être quelque  chose qui s’avérera faux par la suite. Celui ou celle qui vous aime vous aime exactement comme vous êtes. Car si quelqu’un s’efforce de vous changer, cela veut dire que vous n’êtes pas ce qu’il ou elle veut. Alors pourquoi rester ensemble ?

Savez-vous quel genre d’homme ou de femme vous voulez ? Celui ou celle qui fait chanter votre cœur, qui est en harmonie avec ce que vous êtes, qui vous aime comme vous êtes. Pourquoi vous programmer pour autre chose ? Pourquoi ne pas chercher ce que vous voulez ? Pourquoi essayer de forcer quelqu’un à se conformer à une image qui ne lui correspond pas ? Etre sincère ne signifie pas que vous ne l’aimez pas. Cela veut seulement dire que vous effectuez un choix et que vous dites oui ou non, parce que vous vous aimez aussi vous-même. Vous faites un choix et vous en assumez la responsabilité. Par la suite, si ce choix s’avère erroné, inutile de vous en accuser ; faites-en simplement un autre.

Il existe des millions d’hommes et de femmes ; chaque être est unique. Certains s’entendront bien avec vous, d’autres pas. Vous pouvez aimer tout le monde, mais quand il s’agit de vivre à deux au quotidien, il vous faut quelqu’un qui soit en bonne résonance avec vous. Il n’est pas nécessaire que cette personne soit exactement comme vous ; il suffit que vous deux soyez comme une clé dans sa serrure. Si vous trouvez ce que vous cherchez, pourquoi ne pas prendre un risque ? Mais si vous voyez que ce n’est pas vraiment ce que vous voulez et que vous le prenez quand même, sachez que vous le paierez. N’allez donc pas pleurer : « Mon partenaire me maltraite », alors que c’était clair dès le départ. Ne vous mentez pas. N’inventez pas chez autrui ce qui n’y est pas.

Peut-être, êtes-vous déjà engagé(e) dans une relation. Si vous décidez de la poursuivre, vous pouvez malgré tout effectuer un nouveau départ en acceptant et en aimant votre partenaire tel qu’il/elle est. Mais il vous faudra tout d’abord faire un pas en arrière : vous devez vous accepter et vous aimer vous-même tel que vous êtes. Ce n’est qu’ainsi que vous pouvez être et exprimer qui vous êtes. Une fois que vous vous êtes accepté tel que vous êtes, l’étape suivante consiste à accepter également votre partenaire. Si vous décidez d’être avec une personne, n’essayez surtout pas de la changer. Si vous limitez la liberté de votre partenaire, vous limitez du même coup la vôtre, car vous devez sans arrêt vérifier ce qu’il fait ou non. Mais si vous vous aimez suffisamment, vous ne renoncez jamais à votre liberté personnelle.

Voyez- vous les possibilités qu’offre une relation ? Explorez-les. Soyez vous-même. Trouvez quelqu’un qui vous convienne. Prenez des risques, mais soyez honnête. Si ça marche, poursuivez. Si ça ne marche pas, faites-vous un cadeau à vous-même et à votre partenaire : quittez-le ; laissez-le partir. Ne soyez pas égoïste. Donnez à votre partenaire la possibilité de trouver ce qu’il veut vraiment et faites de même pour vous-même. Si cela ne marche pas, il vaut mieux chercher dans une autre direction. Si vous ne parvenez pas à aimer votre partenaire tel qu’il est, quelqu’un d’autre y parviendra. Ne perdez pas votre temps, ni celui de votre partenaire. C’est cela le respect.

Si vous avez déjà un chat et que vous voulez un chien, que pouvez-vous faire ? Il vous faut viser un nouveau départ en rompant vos attaches au passé et en recommençant tout dès le début. Vous n’avez pas à rester attaché au passé. Nous sommes tous capables de changer, y compris pour le meilleur. Pardonner tout ce qui a pu se produire entre vous et votre partenaire peut vous donner l’occasion d’un nouveau départ. Lâchez prise, car vos problèmes n’étaient dus qu’à l’égoïsme, à des incompréhensions ou au fait d’avoir été blessé et d’avoir ensuite cherché à être quitte. Quoi qu’il ait pu se produire dans le passé, il ne vaut pas la peine de gâcher l’éventualité d’atteindre le paradis grâce à une relation. Ayez le courage de vous investir à 100% ou lâchez prise. Lâchez prise du passé et démarrez chaque journée avec un niveau d’amour plus élevé. Ainsi, le feu sera maintenu et fera croître votre amour de plus en plus.

Dans votre relation avec votre chien, vous pouvez avoir des mauvais moments. Quelle qu’en soit la raison, cela arrive : un accident, une mauvaise journée au travail ou autre chose. Vous rentrez chez vous, le chien aboie, agite sa queue, attire votre attention. Vous n’avez pas envie de  jouer avec lui, mais il est quand même là. Il ne se sentira pas blessé si vous ne jouez pas avec lui ; il n’en fera pas une affaire personnelle. Parfois, on peut se sentir davantage soutenu par son animal que par un partenaire qui veut à tout prix notre bonheur. Si vous n’avez pas envie d’être heureux, que vous souhaitez seulement être tranquille, cela ne concerne pas votre partenaire, aussi ne doit-il pas en faire une affaire personnelle. Peut-être avez-vous simplement un problème et envie d’être seul. Mais votre silence peu conduire votre partenaire à faire plein de suppositions : «  qu’est- ce que j’ai bien pu faire ? C’est encore à cause de moi. » En réalité, ça n’a rien à voir avec lui ; ce n’est pas personnel. Si on vous laisse tranquille, cette tension s’en ira et vous serez à nouveau heureux.

Voilà pourquoi la clé doit correspondre à la serrure, car c’est l’un d’entre vous traverse une mauvaise période ou une crise émotionnelle, vous devez avoir un accord entre vous vous permettant mutuellement d’être ce que vous êtes. Alors votre relation sera toute différente ; vous découvrirez une autre façon d’être et toute l’aventure pourra être très belle. La même chose vaut pour l’autre moitié de la relation, celle de votre partenaire. Lui aussi a ses déchets. Sachant cela, vous le laissez s’en occuper lui-même. Vous l’aimerez et l’accepterez ses ordures. Vous n’êtes pas dans cette relation pour nettoyer ses saletés ; il s’en chargera tout seul.

Même si votre partenaire vous demande votre aide, vous avez le choix de lui dire non. Si vous le faites, ça ne signifie pas que vous ne l’aimez pas ou que vous ne l’acceptez pas ; cela veut simplement dire que vous n’êtes pas capable ou que vous n’avez pas envie de jouer à ce jeu-là. Par exemple, si votre partenaire se fâche, vous pouvez lui dire :      « tu as le droit d’être en colère, mais moi je n’ai pas à me fâcher parce que tu es énervé. Je n’ai rien fait qui soit la cause de ton énervement. » Vous n’avez pas à accepter sa colère, mais vous pouvez lui permettre de la manifester. Il n’est pas utile d’argumenter ; permettez-lui simplement d’être ce qu’il est, de guérir sans votre intervention. Et vous pouvez aussi vous mettre d’accord pour qu’il n’intervienne pas non plus dans vos propres processus de guérison.

Imaginons que vous êtes un homme heureux et que, pour une raison ou une autre, votre partenaire n’arrive pas à être heureuse. Elle a des problèmes personnels ; elle est confrontée à ses déchets et elle est triste. Comme vous l’aimez, vous allez la soutenir, ce qui ne signifie pas que vous devez vous rendre malheureux sous prétexte qu’elle n’est pas heureuse. Ainsi, vous ne lui offriez pas votre soutien. Si elle est malheureuse et que vous devenez comme elle, vous plongerez tous les deux. En revanche, si vous êtes heureux, votre bonheur peut l’aider à s’épanouir. De manière analogue, si vous êtes au fond du trou et qu’elle est heureuse, son bonheur vous servira de soutien. Dans votre intérêt, laissez- la être heureuse. Quoi qu’il arrive au travail, ne projetez pas votre poison sur elle quand vous rentrez à la maison. Gardez le silence, faites-lui comprendre que ça n’a rien à voir avec elle, que vous êtes simplement confronté à vous-même.

 

La suite dans le prochain épisode 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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